Etre écrivaine publique, rencontre avec Martine Thimond.

Peux-tu nous dire de quoi fait le métier d’écrivain public ?

Le titre de ce métier dit bien ce que je fais. J’écris pour les autres. Potentiellement je pourrais tout écrire, y compris une lettre d’amour. Concrètement ce sont plutôt des lettres administratives.

Quel est ton public principal à ce jour ?

Au moment où je me suis installée, France Services s’implantait également sur mon territoire. J’ai donc fait le choix de me tourner vers de l’assistance administrative à domicile, puisque je suis en milieu rural avec souvent pas de transport et mes clients sont bien souvent plutôt âgés. Ils sont souvent en difficulté pour les questions administratives, en particulier pour toutes les démarches qui doivent aujourd’hui se faire sur Internet. J’écris donc, mais pas seulement.  C’est de l’aide et du service. Nombre d’entre elles ne bougent plus beaucoup de chez elles. Je cherche avant tout à améliorer la vie de ces personnes, à être une présence auprès d’elles. Je veille à être en lien avec les autres propositions d’aides existantes, par exemple France Services, mais aussi toutes les aides à domicile qui peuvent exister autour de chez nous.

Depuis quand es-tu écrivain public ?

Je travaillais dans les ressources humaines et j’ai été licenciée il y a un peu plus de quatre ans. J’aime l’écriture et l’idée d’en faire mon métier m’a séduit.

J’ai fait une formation auprès de l’Académie des écrivains publics de France (AEPF). Cette formation permet d’avoir un agrément national. Et donc, de travailler selon une charte nationale qui régule notre profession. Outre cet agrément national, je suis affiliée à un syndicat le SNPCE le Syndicat National des Prestataires et Conseils en écriture. Ces deux organismes me permettent de continuer à me former et d’être en lien avec des collègues.

Comment cela se passe-t-il ?

Je réponds à des demandes. Des personnes me contactent soit parce qu’elles me connaissent, soit parce que d’autres leur ont parlé de moi. Je viens à domicile pour effectuer soit les démarches en ligne, soit les lettres avec les personnes. Beaucoup de personnes âgées sont perdues face aux démarches administratives actuelles. Sur Internet c’est trop compliqué ou elles n’ont pas le matériel adéquat. Et puis, tout va trop vite, tout change trop vite. En tant qu’élue dans ma commune, il m’arrivait déjà de rendre service à certains en mairie. Aujourd’hui, je le fais comme prestataire de service.

Quel est le coût de vos services pour les personnes ?

Je pratique l’avance immédiate, un service proposé par l’URSAFF.

Le principe : je suis prestataire d’un organisme qui s’appelle INTERSERVICES, agréé SAP (services aux personnes). Mon client s’inscrit auprès d’Interservices, qui lui fera la facture de ma prestation. Comme c’est du service à la personne, 50 % est en crédit d’impôt.

Je donne un exemple : pour une prestation qui va coûter 50 €, mon client ne sera prélevé par l’URSSAF qui gère l’avance immédiate que de 25 €, c’est la part qui reste à la charge de mon client. Les autres 25 € sont reviennent à Interservices, qui ensuite me règle ma prestation. Pas d’échange d’argent entre mon client et moi, tout se fait de façon dématérialisée. Il faut savoir que chaque citoyen a une enveloppe plafonnée pour les services d’aides à domicile de 12000 €/an max (montant qui peut être réévalué suivant la situation personnelle). C’est donc un crédit d’impôt de 6000 € possible lié à ces dépenses d’aide à domicile (espaces verts, ménage, garde d’enfants, etc), et ma prestation en fait partie. J’entends souvent, « oui mais je ne suis pas imposable », cela ne change rien, c’est un crédit d’impôt, donc remboursable par le service des impôts après les déclarations de revenus.

Cet agrément chez Interservices me permet de ne pas me cantonner au service aux particuliers. Je peux aussi travailler avec les associations, les TPE (petites entreprises) et les institutions. Tout le monde peut avoir besoin d’aide pour écrire.

As-tu d’autres activités ?

Oui je suis un peu obligée. Je n’ai pas à ce jour, suffisamment de clients pour être rentable. Je suis pigiste pour Ouest France, sur mon secteur, et je fais aussi des biographies. Je pense lancer aussi des ateliers d’écriture dans des maisons de retraite ou ailleurs.

Le plus de ton métier ?

C’est un métier humain, de rencontre et de soutien. J’aime le contact, prendre le temps avec chacun, tenter d’apporter des réponses à leurs questions, être pour eux une personne-ressource.

www.augrezdemaplume.fr

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